Don Nicolson, président de
Federated Farmers, l’équivalent de la FNSEA en
Nouvelle-Zélande, était en France pour le Salon de l’agriculture à Paris ; il
avait souhaité rencontrer des agriculteurs français. Il est venu visiter une
exploitation laitière de l’Oise, celle de Xavier Philippart, à
Villers-Saint-Barthélémy dans le canton d’Auneuil, le mardi 22
février.
La Nouvelle-Zélande est le premier pays
exportateur de lait au monde et réalise à elle seule 30 % des échanges
mondiaux, même si elle ne représente que 2 % des volumes produits.
Les discussions ont porté
essentiellement sur quatre grands thèmes : l’environnement, la qualité des
produits, la communication et l’économie des filières lait.
Charges
environnementales
En Nouvelle-Zélande, des règles
environnementales se mettent en place suite à des pollutions importantes des
cours d’eau. Elles remettent en cause la conduite des troupeaux et provoquent
une augmentation des charges. Le seuil de rentabilité est passé de 2,70 NZ $/kg
de poudre de lait en 2007 (environ 148 €/1.000 litres) à 4,50 NZ $/kg
aujourd’hui (environ 246 €/1.000 litres).
Le marché des produits frais est très
limité en Nouvelle-Zélande : 95 % de la production laitière est transformée en
poudre ou autres produits stockables et transportables dans le monde.
La traçabilité a été mise en place,
mais elle a un coût supporté par les éleveurs et leurs efforts ne sont pas
reconnus par les consommateurs, d’après Don Nicolson. Il y a une rupture du
dialogue agriculteur-consommateur en Nouvelle-Zélande. Le citoyen néo-zélandais
a aujourd’hui une vision très négative de l’agriculture.
Pour éclairer Don Nicolson sur les
relations entre agriculteurs et consommateurs citoyens en Europe, Christophe
Beeuwsaert et Alain Gille lui ont expliqué que la communication est un travail
quotidien et qu’il y a des actions toute l’année en France, menées en permanence
par les interprofessions, mais également par la profession, localement au
travers de nombreuses foires ou marchés, ou de plus grande ampleur au niveau
national, tel le Salon de l’agriculture.
Sur le plan économique, Alain Gille lui
a rappelé, avec interrogation et scepticisme, que les prix sur les marchés sont
établis essentiellement à partir des seules enchères Fonterra, la plus grosse
coopérative de Nouvelle-Zélande. Sur ce point, Don Nicolson se justifiait en
expliquant que c’est dans l’intérêt de tous les producteurs que les prix soient
hauts, surtout aujourd’hui alors que les laitiers s’endettent
énormément.
Sébastien Petitjean
Téléchargez en pdf un comparatif entre les 2
filières.

Rencontre sur l’exploitation de
Xavier Philippart à Villers-Saint-Barthélémy avec le président de la Federated
Farmers, l’équivalent de la FNSEA en Nouvelle-Zélande,
Don Nicolson (à droite sur la photo), avec des responsables professionnels de
l’Oise dont, pour la FDSEA, Alain Gille, président de la section lait, Thierry
Fraiture et Christophe
Beeuwsaert.