Environ 150 producteurs ont
participé à ces deux réunions qui ont été riches de questions et de débats
constructifs. Elles seront suivies d’autres réunions dans les semaines à venir.
De fait, l’enjeu est important. «Nous nous rappellerons certainement
longtemps de 2011, comme nous nous rappelons de 1984, ainsi que l’a rappelé Luc Smessaert, président de la FDSEA, pour qui
le contrat ne sera pas le paradis, mais l’absence de contrat pourrait vite
devenir l’enfer».
Ces réunions sont l’occasion de faire
un point sur la conjoncture, l’évolution des prix du début 2011 et les
attributions de quotas supplémentaires.
Mais si les producteurs se réunissent
si nombreux, c’est d’abord parce que les questions sur l’après-quota en 2015 et
sur la mise en œuvre de la contractualisation dès 2011 sont nombreuses.
Alain Gille le rappelle :
«au 1er avril, les acheteurs ont
l’obligation de présenter un contrat à tous les producteurs. Nous n’avons en
revanche aucune obligation pour notre part de signer et de nous engager à cette
date». Les acheteurs, à défaut de présentation d’un
contrat, peuvent avoir à payer une amende jusqu’à 75.000 € par contrat, y
compris les coopératives si leurs statuts et règlements intérieurs ne sont pas
conformes aux dispositions contractuelles actées par l’interprofession et
adressés à tous leurs associés coopérateurs.
Les éleveurs qui ne signent pas en
revanche continueront de voir leur lait collecté et payé dans les mêmes
conditions.
Pour la FDSEA la position est
claire : soit le contrat est équilibré et il pourra être validé, soit il ne le
sera pas et, dans ce cas, il n’y aura pas de contrat. «Attention aux petites lignes, ne signez pas les yeux
fermés, a rappelé Christophe Beeuwsaert, secrétaire
général adjoint. Un bon contrat sera négocié collectivement, avec
l’interprofession. Avant de vous engager, quels ques soient les arguments qui
vous seront donnés, appelez la FDSEA pour vérifier».
La mise en œuvre de la
contractualisation passe également par un toilettage, dans la loi de
modernisation agricole, de l’organisation économique. En effet, pour qu’il y ait
contrat, il faut deux signatures et, face aux poids lourds de l’industrie
laitière, le législateur propose d’organiser un contre-poids efficace avec des
organisations de producteurs dont le niveau d’intervention pourrait être ajusté
dans un décret attendu prochainement.
L’intérêt est en effet de pouvoir
négocier collectivement les contrats pour ne pas se trouver seul face à un
industriel. Il faut donc un mandat de négociation clairement établi de la part
des producteurs à leur organisation de producteurs.
Le chantier de la contractualisation
est vaste. Il prépare l’après-quota en sécurisant et en stabilisant les
relations entre les producteurs et les transformateurs. C’est justement parce
que l’enjeu est important qu’il ne faut pas foncer tête baissée, mais prendre le
temps de la structuration et de la réflexion individuelle et
collective.
Ces réunions sont l’occasion pour les
producteurs de lait de poser toutes les questions et d’avoir les réponses de la
FDSEA. Voir le calendrier
des réunions.
Laurent Mingam

À la réunion de Crèvecœur. À la
tribune, Christophe Roose, Luc Smessaert, Alain Gille et Gérard
Braure.

À Labosse, mardi 18 janvier
après-midi.