
La crise dure et l’agriculture a du mal à en voir
le terme. Réunis en session le 12 avril dernier, les élus de la Chambre
régionale avaient voté une motion reprenant les différents éléments dénoncés
dans la très médiatique manifestation du 27 avril à Paris.
Saisi directement puisqu’il y était présent, le
préfet de région, Michel Delpuech, avait donc invité Hubert Duez, président de
la Chambre régionale d’agriculture de Picardie, à venir détailler les
problématiques.
Cette rencontre a eu lieu le 23 avril dernier en
présence, côté responsables agricoles, de Christophe Buisset, président de la
FRSEA Picardie, d’Hervé Davesne, président des Jeunes Agriculteurs de Picardie,
de Daniel Roguet, président de la Chambre d’agriculture de la Somme, de Michel
Lapointe, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne, de Luc
Smessaert, président de la FDSEA 60, et de Laurent Degenne, président de la
FDSEA 80, et, aux côtés du préfet, de Pierre Godin, secrétaire général aux
affaires régionales, et d’Édith Vidal, directrice de la Draaf.
Les élus professionnels agricoles ont présenté les
différentes revendications et sont revenus notamment sur les contraintes
environnementales. Ils ont par exemple signifié au préfet que l’obligation de
couverture intégrale des sols en hiver était une ineptie et que, si un travail
fructueux a permis en Picardie d’aboutir à un texte applicable, la préconisation
du ministre du Développent Durable pour le prochain programme reste
l’application d’une couverture totale sans dérogation possible.
Par ailleurs, ils ont demandé que les aides du
plan de soutien soient versées au plus vite aux agriculteurs puisque les
modalités de répartition ont été définies et que, hormis le Dacs, les dossiers
sont instruits depuis plusieurs semaines.
Enfin, ils ont alerté les représentants de l’État
sur le climat dégradé dans son ensemble et sur l’impérative nécessité d’aborder
les différents contrôles en ferme avec un maximum de souplesse ; car, au-delà
des aspects strictement réglementaires qui, pour l’immense majorité, sont très
bien suivis chez les agriculteurs, les aspects humains sont et seront
primordiaux dans le bon déroulement des contrôles cette année.
Le préfet s’est dit soucieux de préserver un cadre
respectueux de déroulement des contrôles obligatoires et que ce climat est le
résultat d’une approche qu’il escompte constructive et responsable chez les
représentants des deux parties.
François Magnier