
Le président Alain Gille
a réuni la section lait de la FDSEA ce mardi 3 mai. À l'ordre du jour, la
contractualisation évidemment, mais aussi la conjoncture de manière général et
la sécheresse qui perdure. Les fourrages vont manquer et il faut se préoccuper
de l'approvisionnement suffisant en paille et en fourrages.
Prix du lait
L'indicateur
interprofessionnel (Cniel) ressort à + 8,8 % et la flexibilité devient
légèrement positive. En revanche, l'indice de compétitivité France-Allemagne
ressort finalement à - 5,7 €/1.000 litres. La déclinaison pour le Criel
Nord-Picardie-Ardennes amène à proposer un prix de base de 309,15 € pour avril
et de 315,35 € pour mai.
Dans ce contexte,
l'évolution positive du prix du lait ne doit en aucun cas être fragilisée.
Pourtant, certains distributeurs font une obstruction systématique à la réalité
des marchés, sans doute pour se faire une notoriété médiatique. Le syndicalisme
considère que les transformateurs ne doivent plus être seuls en négociation avec
les distributeurs. Les producteurs pourront s'inviter au cours des prochaines
séances. D'ailleurs, il peut être opportun de préciser dans les contrats
laitiers que les OP soient associées dans les négociations de
commercialisation.
Attributions de
références
La section laitière a
également pris connaissance du projet des nouvelles règles d'attribution de
références dans le cadre du bassin laitier. En effet, les règles d'attribution
ne sont désormais plus départementales, mais définies au niveau du bassin. Des
éléments du PAD lait Oise ont ainsi pu être repris au niveau du bassin. Lors de
l'installation de la conférence du bassin qui aura lieu à Lille le 24 mai
prochain, il sera question de la gestion de la réserve. Le syndicalisme, par la
voix de la Fédération régionale des producteurs de lait (FRPL), a élaboré un
projet étudié en Criel. Les attributaires prioritaires proposés sont les jeunes
agriculteurs pour 60.000 litres et les autres producteurs en fonction de la
main-d'œuvre familiale présente (UMO). La section souhaiterait toutefois que
soit également prise en compte la main-d'œuvre salariée.
Contractualisation
Concernant les
négociations en cours sur les contrats laitiers, la section a unanimement
rappelé qu'il était urgent d'attendre. Il ne faut pas signer les contrats
proposés en l'état. En effet, les propositions des entreprises sont à revoir.
Les contrats ont été analysés par la FDSEA et la FNPL avec les présidents de
groupement. Il en ressort une grande diversité rédactionnelle dans les contrats
proposés. L'état d'esprit est différent selon les entreprises et va du "c'est à
prendre ou à laisser" jusqu'au "nous souhaitons en discuter collectivement". La
phase négociations est donc en cours et il est rappelé aux éleveurs qu'il ne
faut pas se précipiter.
Parmi les membres de la
section lait, les responsables des groupements (Danone, Lactalis, Senoble)
témoignent du travail mené pour élaborer des contre-propositions collectives. De
prochaines réunions y seront consacrées à Paris courant juin.
Tous les responsables de
groupements de producteurs rappellent la nécessité d'une adhésion à un
groupement car seul, on ne fait pas le poids. Il est également rappelé que le
mandat de négociation demandé par les groupements donne mission de négocier,
mais pas de signer le contrat à la place du producteur.
Concernant les
coopératives CLHN et Sodiaal, la loi de modernisation agricole impose des
obligations quant à l'évolution de leurs statuts et de leurs règlements
intérieurs. Les adhérents coopérateurs regrettent le manque de véritable
consultation, notamment sur l'aspect prix différenciés et sur les nouveaux
statuts. La position de la FNPL sur ce point est claire et la section
départementale la suit totalement. S'il doit y avoir double prix, il ne peut
exister qu'au-delà du quota et de la référence actuelle. Affaire à
suivre...
Gérard
Braure