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AG Crèvecoeur-le-Grand
Les relations avec la grande distribution
Didier Cornet, président du syndicat
cantonal, et son équipe de délégués communaux avaient décidé cette année
pour leur assemblée d'inviter l'ancien directeur du magasin Auchan de
Beauvais, maintenant en poste à Cergy-Pontoise. L'objectif était de tenter
de comprendre où part l'argent qui devrait permettre aux agriculteurs,
premier maillon de la chaîne alimentaire, d'être rémunérés au juste prix
de leurs produits.
Bruno Wettstein a, en guise de préalable,
fait remarquer que l'agriculture et la grande distribution sont deux
mondes qui s'ignorent. "Nous avons des points communs : de nouvelles
taxes, des normes à respecter, nous travaillons avec des produits
identiques et nous souhaitons gagner de l'argent."
Pour pouvoir apprendre à vivre ensemble, il
faut commencer par mieux se connaître. Après une rapide présentation des
origines de la grande distribution et des différences entre les enseignes,
Bruno Wettstein a donné une définition de son métier : "vendre beaucoup
d'articles pas chers. Son enjeu majeur : faire baisser les prix,
supprimer les intermédiaires, baisser au maximum les coûts de
logistique... et attirer un maximum de clients !"
Quelques chiffres : Auchan à Beauvais, c'est
9.500 m2 (le plus grand fait 21.000 m2), 100
millions d'€ de CA, environ 400 salariés. Une petite journée, ce sont
4.000 personnes payantes ; le 23 décembre, ça a été entre 12 et 13.000
personnes payantes (soit 30.000 personnes passées).
Les marges sur les prix ? La question
interpelle : "Notre marge est plus ou moins de 20 % avant les
frais." Les frais de personnel sont d'environ la moitié.
Une diapo a illustré la répartition des
marges à partir d'un produit (une vache) en montrant tous les
intermédiaires, les nombreux transports... Les agriculteurs ne sont pas
cités dans les intermédiaires, regrette Francis Tillier : "Que représentons-nous dans la filière ? Faisons-nous partie de la
filière ?"
"L'acheteur achète le moins cher. Quel est
le choix du consommateur ? Le prix, la qualité, quelle qualité ? Nous
n'avons pas à juger, nous devons y répondre".
Des tentatives ont été faites pour
travailler avec des producteurs de l'Oise. Elles n'ont pas abouti et le
directeur attend toujours la marchandise... Le représentant d'Auchan a
aussi donné un exemple sur des salades : "il y avait un contrat avec un
prix, une durée, une quantité... Je n'ai pas trouvé de producteurs
!"
Pour conclure, quelques conseils, idées et propositions
ont sortis de ces échanges constructifs : mieux s'organiser entre
producteurs pour éviter que les intermédiaires ne confisquent les marges.
S'engager sur des durées, ne pas se battre contre les cours mondiaux,
savoir se "massifier" pour la transformation. Il faut se connaître
davantage, savoir pourquoi on se bat et pour qui on se bat ! Ce n'est pas
à Crèvecoeur que tous les problèmes vont être résolus, mais ces échanges
courtois et fructueux ont été une première démarche positive. À
poursuivre. |