Un premier bilan des assemblées cantonales a été
dressé : une participation globalement en hausse (réunissant entre 40 et 45 %),
mais avec une mobilisation moins forte dans les zones de grandes cultures,
malgré les difficultés conjoncturelles. Il semble que de nombreux agriculteurs
n’ont pas intégré la baisse de 20 % des aides Pac en 2010.
Les agriculteurs semblent davantage préoccupés par
la complexité des mesures, surtout dans le domaine environnemental.
Les présidents cantonaux ont exprimé leur
satisfaction sur le déroulement des assemblées cantonales, au cours desquelles
une large place a été laissée aux débats : très peu d’informations
générales, davantage de réactions, sur des sujets particuliers ou des problèmes
locaux.
Communication
Luc Smessaert évoquait le plan
de soutien annoncé par le Président de la République, «des mesurettes»,
mais il conseille aux agriculteurs d’y souscrire. Elles se traduisent par des
prêts de trésorerie, qui n’améliorent pas l’endettement des exploitations, mais
la bonification des taux permet de réduire les charges ; s’il n’y a pas de
demandes, les pouvoirs publics pourraient estimer que tout va bien. Un comité de
suivi avait eu lieu le matin même en préfecture, faisant le bilan provisoire de
ce plan, avec seulement dans l’Oise 146 demandes de prêts de trésorerie et 75
dossiers Fac (fonds d’allègement des charges).
Quant à la communication avec le grand public,
elle reste aléatoire. L'agriculture conserve une bonne image de marque, mais les
points de vue sont erratiques. Le Salon de l’agriculture reste un formidable
instrument de communication avec le monde urbain, mettant en valeur le travail
des paysans sur la qualité des produits, la protection de l’environnement, les
services… Une idée a été émise de faire porter à des animaux des banderoles
indiquant que «les agriculteurs font tout ça pour rien», puisque les prix des
productions traditionnelles de l’agriculture ne couvrent plus toujours les
charges.
Conditionnalité, LMA…
D’autres sujets ont été abordés, dont celui de la
conditionnalité. Bruno Haas précisait que, pour les règles 2010, les arrêtés ne
sont pas encore pris. Parmi les nouveautés annoncées, il y aura un peu de
souplesse pour la gestion des prairies, qui pourront dans certaines conditions
être «déplacées» ou retournées. Il y aura aussi la mise en place de la mesure
concernant les éléments topographiques.
Pour cette première année, la FDSEA demande que
les contrôles soient «pédagogiques», sans pénalités en cas d’erreurs.
Elle demande aussi que ces éléments topographiques n’aient pas à être indiqués
sur les registres graphiques lors de la déclaration Pac.
Sur ces sujets, Bruno Haas a confirmé que les
négociations au niveau national sont menées entre le ministère de l’Agriculture
(devenu ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche) et celui
de l’Environnement, avec un pouvoir nettement plus fort de ce dernier et la
participation constante des association environnementales ou écologistes, dont
FNE (France Nature Environnement).
Une présentation du projet de loi de modernisation
a de nouveau été faite. Elle inclut la contractualisation par filières, pour
laquelle il faudra veiller aux décrets d’application. Elle inclut aussi la
participation de l’État au financement de l’assurance récoltes, pour lutter
contre les variations de revenu liées à la grande volatilité des prix.

Bruno Haas, vice-président de la FDSEA, Luc
Smessaert, président, Cédric Thomassin, secrétaire général,
et les deux
autres vice-présidents, Vincent Vecten et Didier Verbeke.

Réunion du conseil d'administration FDSEA le 5
février
dernier à la maison de l'agriculture de
Beauvais.