Cette rencontre du 28 janvier avec Pascal Vinet,
directeur du cabinet de Bruno Le Maire, avait pour objet d’exprimer au ministère
les inquiétudes très fortes du département.
Conjoncture : quelles réponses
?
Ainsi que l’a rappelé Luc Smessaert, 2009 sera une
année noire pour les résultats agricoles avec une dégradation dans tous les
systèmes d’exploitation. «L’EBE ne permettra pas de couvrir les annuités dans
de nombreuses exploitations du fait de la baisse combinée des cours et de
l’augmentation des charges.».
Certaines exploitations vont découvrir en 2009
«pour la première fois de leur carrière pour beaucoup, des résultats
négatifs», a rappelé Christian Patria. Cette situation est d’autant plus
inquiétante que le bilan de santé de la Pac conclu fin 2008-début 2009 a remis
en cause les outils de gestion des marchés.
Sur ce point, Pascal Vinet est parfaitement clair
: «le bilan de santé a été notifié à Bruxelles et ne sera pas remis en
cause» au-delà de l’adaptation avec le plan de 170 millions d’euros obtenu
suite à la mobilisation syndicale des départements du Nord-Bassin parisien le 25
mars à Paris.
Le ministre s’est très vite engagé sur la crise
laitière afin de faire passer l’idée en Europe de la nécessité d’une
régulation des marchés pour toutes les filières agricoles, tout en sachant
qu’il faut inventer de nouveaux outils car les anciens ne sont plus
adaptés ou sont rejetés par les autres pays. L’objectif de la loi de
modernisation agricole va dans ce sens : gérer les
risques et organiser les filières».
Soyons force de propositions pour la Pac
2013
"Le système actuel nous est favorable, il ne faut
donc pas nous isoler mais, au contraire, faire des propositions, sortir d’une
culture du blocage sans issue, expliquer à nos partenaires nos vues et marteler
l’objectif de l’autonomie alimentaire de l’Europe.
Le ministre de l’agriculture veut une Pac forte et c’est
également la volonté du nouveau commissaire à l’agriculture, Dacian
Ciolos» a indiqué Pascal Vinet. Ce qui n’empêche pas que
le budget soit redistribué entre les pays.
Environnement : retrouver du bon
sens
Les contraintes environnementales et les
distorsions de concurrence que subissent les agriculteurs français ont également
été pointées du doigt. «L’agriculture est le premier secteur économique de
Picardie, le premier employeur de la région, a rappelé Luc Smessaert. Une
réglementation qui manque de bon sens, modifiée sans cesse, et qui édicte des
règles alors que les choix d’assolement sont déjà fait décourage et
démobilise, alors que les agriculteurs ont majoritairement intégré les enjeux.
Pour Pascal Vinet, le ministère comprend
parfaitement ces arguments et en a bien conscience. «C’est la raison pour
laquelle Bruno Le Maire a demandé que, pour tout projet de réglementation
environnementale, il soit réalisé une étude préalable d’impact et que la France
ne fasse pas plus que ses concurrents.
En conclusion, si le ministre a bien conscience
que notre agriculture est en grande difficulté», ainsi que l’a indiqué
Pascal Vinet, les dossiers mis sur la table par la FDSEA et les élus ont permis
de mieux faire comprendre les attentes des agriculteurs.
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La délégation de l’Oise reçue au ministère
de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche était composée de :
Alain Vasselle, sénateur de l’Oise, maire d’Ourcel-Maison, agriculteur ;
Christian Patria, député, ancien agriculteur ; Jean Cauwel, conseiller
général du canton de Breteuil, agriculteur ; Daniel Bisschop, conseiller
général du canton de Marseille-en-Beauvaisis, maire de Rothois,
agriculteur ; Luc Smessaert, président de la FDSEA, agriculteur à
Roy-Boissy ; Cédric Thomassin, secrétaire général de la FDSEA, agriculteur
à Crépy-en-Valois ; Gilbert Versluys, président délégué de AS 60 AGC,
agriculteur à Avrigny ; Jean-François Morvillers, président JA 60,
agriculteur à Nourard-le-Franc ; Hervé Davesnes, secrétaire général JA 60,
salarié d’exploitation au
Fay-Saint-Quentin. |
Laurent Mingam