Après l’épisode du refus de certains industriels
privés d’appliquer l’évolution positive des indicateurs pour le second
trimestre, une certaine sérénité retrouvée devrait permettre de travailler à
l’avenir de la filière laitière.
Il s’agit désormais de bâtir de nouvelles
relations producteurs-transformateurs.
Les adhérents nombreux, répartis sur les 4
réunions organisées par la section lait FDSEA, l’ont fort bien ressenti. En
temps de crise, le lien moral avec sa laiterie peut très vite basculer. Ce
qu’ils réclament au contraire, c’est une visibilité, à condition qu’elle soit
équitablement négociée.
Le projet du syndicalisme FNPL-FNSEA est justement
de donner des moyens nouveaux à l’interprofession pour piloter une politique
contractuelle. Jean-Michel Lemétayer a formulé cette ambition à Auxerre :
«… pour des interprofessions majeures, efficaces, capables de conclure des
accords sans l’arbitrage des pouvoirs publics…»
Cette interprofession laitière que certains nous
envient en espérant instaurer des pseudo-offices, doit être le pivot.
Parallèlement, l’organisation des producteurs doit se recadrer.
Christophe Roose, co-président de la section lait,
propose une Fédération de groupements toutes laiteries confondues. Cela
commencera par la validation de l’appartenance au groupement ou à la
coopérative, tout comme l’adhésion de chaque livreur aux objectifs du groupe. En
deuxième lieu, les groupements réclament la transparence sur l’utilisation de la
collecte. C’est un préalable à toute négociation de contrats futurs.
Autre résolution : l’organisation de producteurs
est décidée à améliorer l’efficacité commerciale. Le partage des marges et de la
valeur ajoutée reste le grand combat syndical.
Les producteurs ne se contenteront pas d’observer,
«comme l’observatoire des prix et des marges», ils s’impliqueront pour la
moralisation des comportements dans la filière. Ainsi, la pression n’est pas
retombée côté producteurs, elle se canalise…
Gérard
Braure