Rencontre avec François Fillon
"Nous attendons des mesures concrètes et courageuses"
A l'avant-veille des élections régionales, le
Premier Ministre, François Fillon, était à Beauvais pour soutenir la candidate
de la majorité présidentielle, Caroline Cayeux. La FDSEA a sollicité à cette
occasion une rencontre afin de lui faire part de la morosité ambiante dans les
campagnes.
Si la rencontre avec le Premier Ministre a été de
relative courte durée, agenda oblige, Luc Smessaert et Jean-François Morvillers
n'en ont pas moins insisté sur l'attente forte des agriculteurs de mesures
concrètes et courageuses de la part du gouvernement pour permettre aux
agriculteurs de faire face à la crise qu'ils traversent : rallonge du plan de
soutien et mesures structurelles dans la loi de modernisation agricole, baisse
des charges et des contraintes trop coûteuses.

Au-delà de cette rencontre, les représentants de
la FDSEA et de JA ont pris le temps d'une analyse plus approfondie de la
situation avec Gaëlle Regnard, conseillère technique du Premier Ministre pour
l'agriculture et la pêche.
Sensible à la situation économique difficile
décrite par les responsables professionnels, elle a relevé à quel point la
volatilité des prix avait mis à mal le postulat posé lorsqu'a été établi le
bilan de santé de la Pac et la nécessité de trouver des outils efficaces pour
réguler les marchés. Elle a relevé également que l'intégration de l'aléa
économique dans le dispositif DPA (déduction pour aléas) était une avancée
intéressante. Toutefois, les vraies questions à venir seront celles des débats
sur la Pac 2013 et de la capacité qui sera donnée aux agriculteurs de
s'organiser économiquement pour peser sur les prix face au droit de la
concurrence. Un dossier sur lequel la profession attend du courage et du concret
de la part du gouvernement.
Sur l'environnement, Gaëlle Regnard a rappelé les
ambitions de la France, mais indiqué également qu'il y avait certainement un
problème de méthode : il faut se préoccuper de ceux qui créent de la richesse
dans notre pays et considérer l'intérêt et la faisabilité des mesures
environnementales pour ne pas faire perdre des points de compétitivité à notre
agriculture.
Encore une fois sur ce thème sensible, Luc
Smessaert a rappelé que les agriculteurs attendent des mesures concrètes,
intelligentes, adaptées aux réalités agronomiques et non des décisions
dogmatiques telle par exemple l'obligation de couvert hivernal à
100%.
