Il est dans l’intérêt de l’employeur de
prévenir les risques professionnels d’un point de vue humain, économique et
juridique. Il évitera ainsi les dommages subis par les victimes ainsi que leur
réparation et ne supportera pas le coût de l’absentéisme. Il n’engagera pas sa
responsabilité et n’encourra pas d’amendes ni de condamnations au
pénal.
Les obligations de
l’employeur
La loi impose à l’employeur d’assurer
la sécurité de ses salariés et de protéger leur santé physique et mentale. Comme
il vaut mieux prévenir que guérir, il faut que l’employeur prévienne les
risques, tout d’abord en les identifiant et en les évaluant, chose qu’il doit
notamment faire dans le document unique.
Ensuite, il lui faut élaborer et mettre
en œuvre des mesures de prévention, tout en respectant les principes généraux
prévus en la matière par le Code du travail. Sur le plan collectif, il s’agit de
prévoir une organisation des salariés et des lieux de travail, ainsi que des
matériels appropriés de telle sorte que les risques d’accidents soient réduits
au minimum. Si ces mesures de protection collective s’avèrent insuffisantes ou
impossibles à réaliser, l’employeur optera pour des mesures de protection
individuelle (télécharger le schéma en pdf).
Le Code du travail prévoit des
contrôles et des sanctions en cas de non-respect des dispositions relatives la
santé et à la sécurité au travail, dont celles relatives aux équipements de
protection individuelle.
Si l’employeur est pris en défaut,
avant tout procès-verbal, l’inspecteur ou le contrôleur du travail le mettra en
demeure de remplir ses obligations. S’il n’a pas respecté les caractéristiques
et les conditions d’utilisation des équipements de protection individuelle, le
Code prévoit un délai minimum d’exécution de huit jours. Si la mise en demeure
n’est pas suivie d’effet, l’inspecteur peut dresser un procès verbal, transmis
au procureur de la République qui décidera de la sanction.
Si les salariés sont exposés à une
substance chimique cancérigène, mutagène ou toxique pour la reproduction, à un
niveau supérieur à la valeur réglementaire limite de concentration, l’employeur
peut également être mis en demeure de faire cesser cet état de fait. S’il ne le
fait pas, l’inspecteur du travail peut ordonner l’arrêt temporaire de l’activité
concernée.
Attention, l’employeur qui ne respecte
pas ses obligations en matière de sécurité et de santé au travail, y compris
celles relatives aux équipements de protection individuelle, risque d’engager sa
responsabilité pénale. Il peut ainsi encourir diverses sanctions telles qu’une
amende de
3.750 euros par salarié, un an
d’emprisonnement et 9.000 euros d’amende en cas de récidive. Il risque également
de voir retenu contre lui une faute inexcusable en cas d’accident du travail
consécutif à l’absence de mise à disposition d’équipements individuels
nécessaires.
Les obligations du salarié
L’employeur n’est pas le seul concerné
par la prévention des risques professionnels. Les salariés ont, eux aussi, une
obligation de sécurité envers eux-mêmes et les autres, notamment leurs
collègues. Cette obligation varie en fonction de la formation et des
possibilités du salarié, ainsi que des instructions données par l’employeur dans
les consignes de sécurité et dans le règlement intérieur. Les salariés doivent
ainsi respecter ces consignes et ce règlement intérieur. Faute de quoi, ils
s’exposent à des sanctions disciplinaires, pouvant aller de l’avertissement au
licenciement en passant par la mise à pied.
Les salariés doivent par ailleurs
alerter immédiatement l’employeur en cas de danger grave et imminent pour leur
vie ou leur santé dans leur environnement de travail. Par exemple, lorsqu’un
équipement de protection est défectueux. S’ils ne le font pas, ils s’exposent là
encore à une sanction proportionnée. S’ils le font, l’employeur doit alors
remédier au plus vite au danger.
SONIA SALMISTRARO
FRSEA PICARDIE