A Bruxelles comme à Paris le dossier sur les installations
classées et la réduction de la
pollution fait l’actualité. La passion mise
en France sur ce dossier est bien différente du
pragmatisme des instances
européennes.
Les seuils IPPC européens confirmés à
Bruxelles mais en débat à Paris
Au niveau de l’Union Européenne, la
refonte de la directive IPPC, relative à la prévention et à la
réduction
intégrées de la pollution a connu la semaine dernière, dans une indifférence
totale, une
étape décisive pour son dénouement. Après trois années de
discussion, aucun changement n’est
apporté aux seuils d’autorisation pour
les élevages en Europe. Ces seuils de 40.000 volailles, 750
truies et 2.000
porcs ont été confirmés par le trilogue* réuni le 17 juin. Par ailleurs, la
Commission,
dans la sagesse de son collège (les 27 Commissaires), a
définitivement classé la semaine dernière le contentieux sur les Bassins
Versants qu’une association bretonne avait ouvert il y a 20 ans !
Au niveau français, face aux propositions d’amendements dans le
cadre de la LMAP visant à
mettre en adéquation les seuils ICPE
(installations classées) avec les règles européennes IPPC et
juridiquement
solides, une partie de la classe politique française et l’ensemble des ONG sont
entrées dans une frénésie de communication lapidaire, voire mensongère, sur un
texte qui, pour rappel, ne vise rien d’autre que mettre en adéquation les règles
françaises avec les règles européennes…
Seuil ICPE : une harmonisation
favorable à l’environnement
Contrairement à ce que certains
laissent croire, l’harmonisation des seuils ICPE nationaux
avec les seuils
IPPC européens ne remet aucunement en cause les obligations environnementales
que les éleveurs respectent. Les exigences de la directive nitrate en terme
de protection de
l’environnement sont identiques pour les installations
soumises à déclaration comme pour celles
soumises à autorisation.
L’harmonisation des seuils vise à alléger le fardeau de
procédures administratives lors de la
création ou de la modernisation d’un
élevage. Elle permettrait de gagner en compétitivité, de se
séparer d’un
parc de bâtiments vétustes au profit de bâtiments neufs, modernes et plus
respectueux
encore de l’environnement et s’inscrirait dans les ambitions
d’excellence de la filière en matière
sanitaire.
En aucun cas les amendements votés par la commission des
affaires économiques ne faciliteront
les implantations incontrôlées
d’élevage. La polémique sur ce dossier administratif montre combien
les
élevages en général et les élevages porcins en particulier sont injustement
stigmatisés dans notre
pays.