Devant la presse pour la
conférence de rentrée ou dans une exploitation agricole, Jean-Michel Lemétayer,
le président de
la
FNSEA
fait sonner tous les avertisseurs en direction du gouvernement, de la grande
distribution et de l’industrie agroalimentaire, affirmant : « Les
producteurs ne seront pas la variable d’ajustement du bordel des marchés et du
pouvoir d’achat des consommateurs ! » Le ton de la rentrée est donné.
Après les vives tensions survenues dans le secteur du lait cet été, les
producteurs de viande bovine et de porc sont plongés dans une situation
extrêmement difficile. Aussi
la
FNSEA demande-t-elle d’abord des « mesures
d’urgence » pour soutenir le revenu des productions les plus en
difficultés. Et corollairement, son président ajoute immédiatement :
« Mais il n’y aura pas de solutions pour le revenu de ces producteurs (porc
et bovin viande, ndlr) si on n’améliore pas le prix payé au
producteur ».
En cause : la
dérégulation des marchés agricoles depuis 15 ans et sa comparse la spéculation,
jugées « insupportables » par le syndicat agricole ; mais aussi
« la logique du prix toujours le plus bas » de la part de la grande
distribution, « un désastre pour les paysans, la valeur ajoutée et les
emplois ». L’envolée récente des matières premières végétales telles que le
blé, en raison de très mauvaises récoltes à l’est de l’Europe, a des
conséquences immédiates sur le prix de l’aliment du bétail. Résultat : les
producteurs de porc, par exemple, ont connu trois hausses successives du prix de
l’aliment depuis mi juillet… Or les cours du kilo de carcasse, eux, calent
toujours à des niveaux très bas…