Quels moyens pour passer le cap?

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L’année 2016 aura été catastrophique, dont les résultats négatifs vont se répercuter sur au moins cinq ans. Si chacun en a fait le constat sur son exploitation, au moins à court terme, les difficultés n’ont pas été spontanément exprimées par les adhérents, qui ont été quelque 400 à participer aux réunions locales organisées par la FDSEA et les JA dans la deuxième quinzaine de septembre : «on a rencontré des gens plutôt abattus» disait Éric Labarre, un sentiment partagé par plusieurs membres du bureau. Ces réunions ont permis de nombreux échanges et montré que les agriculteurs attendent beaucoup d’une réaction collective pour des réponses rapides et concrètes.

L’analyse globale montre une perte de l’ordre de 100.000 € de chiffre d’affaires par exploitation moyenne dans l’Oise, à cause des rendements, mais aussi beaucoup à cause des prix. Les rendements historiquement bas, en céréales en particulier, ont mis en évidence une crise latente, dans presque toutes les productions, animales ou végétales, après la baisse constante du revenu depuis trois ans, l’endettement croissant, et cette année une perte exceptionnelle qui correspond en moyenne à la charge annuelle des remboursements des exploitations du département. Comment réagir à une absence totale de revenu, voire plus souvent, à une perte? Et comment repartir pour la prochaine campagne?

Quelques acquis ont déjà été obtenus: une baisse des cotisations sociales, le dégrèvement exceptionnel (mais trop partiel) de la taxe sur le foncier non bâti au profit des exploitants, des reports d’échéances, quelques aides et un accompagnement personnalisé pour les éleveurs…

Mais les situations sont très différentes entre exploitations et chacun doit chercher les adaptations, en faisant appel à plusieurs leviers: des demandes de dégrèvements supplémentaires, des reports de paiement avec remise de pénalités, l’optimisation des outils fiscaux ou assurantiels, ou encore la réduction des charges, qu’elles soient opérationnelles ou structurelles. Une réflexion peut être à mener sur les équipements communs ou des achats groupés, et sur la gestion des risques: quel niveau d’assurance, dont le coût est à négocier ; et quel niveau d’épargne de précaution, qui peut être défiscalisée, grâce entre autres à la DPA?

Le contrat socle en assurance multirisque permet au moins de sécuriser les coûts de production, était-il rappelé, avec la difficulté cependant d’en estimer le prix puisque celui-ci dépend d’aides nationales ou européennes. Il faudrait aussi pouvoir gommer l’année 2016 pour le calcul de moyennes de référence sur plusieurs années, ou encore pouvoir tenir compte des déficits pour le calcul des cotisations sociales. Autant de dossiers pour lesquels la FDSEA tente de négocier avec l’administration.

Des réactions ont été formulées sur le report d’échéances bancaires: même s’il n’y a pas de frais de dossier, les intérêts sont une charge, qui peut être élevée: même à 1% seulement, on arrive vite à 1.000 € pour un an.

Puis sur les audits en élevage, proposés par le Conseil régional : les éleveurs qui y ont souscrit sont toujours en attente des résultats, tout comme le financeur d’ailleurs ; les ressources humaines dans les organisations agricoles ont été insuffisantes, regrette la FDSEA qui tente d’accélérer la procédure, en priorité auprès de ceux chez qui ont été faites les premières études.

La FDSEA continue de négocier des mesures, dont une prise en charge des intérêts sur le report d’échéances bancaires. Ses responsables élus iront de nouveau très prochainement à la rencontre des adhérents, qui pourront exprimer leurs attentes ou faire des propositions ; ce sera d’abord pour les élections des délégués communaux, première étape dans le processus de renouvellement syndical qui va se faire à tous les échelons jusqu’au département, puis la région et enfin au niveau national ; puis pour le congrès des adhérents, prévu le 29 novembre. Et il y aura les assemblées cantonales en janvier prochain, après des rencontres dans certains anciens cantons puisque parallèlement est organisée une nouvelle organisation de la structure.

Le nouveau découpage du département sera réalisé avec le souci de créer des syndicats agricoles locaux qui restent proches des adhérents ; le souhait est aussi exprimé pour une implication forte des élus syndicaux, à tous les échelons, dans l’animation du réseau, à l’écoute de tous les adhérents, en lien avec les conseillers ou animateurs syndicaux.
Il y aura aussi peut-être d’autres rendez-vous, dont des manifestations qui pourraient être décidées si le projet d’interdire des épandages pour la protection phytosanitaire des cultures près de zones habitées ou sensibles est maintenu ; des rencontres sont organisées avec les parlementaires, puisque cela relève d’un cadre législatif.

Mais si le gouvernement persiste, en demandant l’aval du Parlement, une mobilisation syndicale est à envisager pour éviter que des milliers d’hectares en France deviennent, soit des friches ou des bandes enherbées, dont l’entretien (mécanique !) resterait à la charge des exploitants, soit des cultures en bio exemptes de tout épandage phyto.  

Bernard Leduc

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