Une agriculture fragilisée

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Les membres du bureau FDSEA ont mené une réflexion lors de leur réunion du 16 décembre sur les adaptations à trouver pour aider les agriculteurs qui connaissent de grandes difficultés conjoncturelles ou structurelles.

Dernière réunion de bureau FDSEA pour 2016.

La moisson 2016 a plombé les comptes de notre agriculture, déjà mise à mal par des prix bas sur les marchés mondiaux et par la crise de l’élevage présente depuis bientôt trois ans.
Les actions pour tenter d’organiser des filières, de structurer des marchés, de dégager de la valeur ajoutée, de réduire les charges… sont multiples, rappelait le président, Guillaume Chartier.

Le syndicalisme relève des critiques régulièrement exprimées vis-à-vis de réactions pas toujours adaptées de la part d’organismes mutualistes. Guillaume Chartier rappelle que les coopératives, le Crédit agricole, la Mutualité agricole sont administrés par des agriculteurs qui ont été élus et que c’est ensemble qu’il faut travailler pour faire face solidairement aux difficultés.

Ainsi par exemple, Christophe Beeuwsaert évoquait le rôle joué avec efficacité par la MSA. Les avis sont toutefois plus tièdes sur l’engagement des banques pour restructurer les dettes des exploitations agricoles.

Pascal Foucault a évoqué «le tsunami» observé chez les éleveurs, nombreux à abandonner la production laitière. Le phénomène peut être contagieux, alors qu’«on peut structurer des choses» disait-il en rappelant les actions qui ont abouti à une revalorisation du prix du lait par le groupe Lactalis, arrêtant une spirale à la baisse qui entraînait tous les acheteurs de lait, y compris les groupes coopératifs.
Pascal Foucault expliquait d’ailleurs la position prise par Danone qui a engagé un processus qui prend en compte les coûts de production pour définir le prix du lait et cherche à connaître les attentes de ses producteurs.
Dans toutes les filières, le rôle des organisations de producteurs est essentiel, celui du syndicalisme est de faire pression dans les négociations. Ce que fait la FDSEA.

Ne pas sanctuariser les prairies
Les membres du bureau de la FDSEA ont de nouveau étudié le problème posé par le dépassement du ratio régional de retournement de prairies. Une simple annonce, tardive, par les services du ministère de l’Agriculture pourrait avoir pour conséquences, à la fois l’obligation de resemis de surfaces en herbes et l’interdiction totale de retournement (ou de déplacement) de prairies. Si les conditions économiques avaient été meilleures pour les éleveurs, le problème ne serait pas apparu.

On peut difficilement comprendre que l’on veuille sanctuariser des prairies quand l’élevage doit être réduit ou supprimé dans certaines exploitations pour des raisons économiques ou parfois de normes. Les responsables syndicaux ont dénoncé les aberrations liées à la période de référence et au mode de calcul de ce ratio, qui déclenche beaucoup plus vite dans notre région où les surfaces en herbe ne représentent que 13,5% de la SAU et où les éleveurs peuvent avoir l’opportunité de valoriser de nombreux co-produits d’industries agro-alimentaires.

Cette difficulté a été exprimée au niveau régional et avec les administrations départementales, comme dans l’Oise où des membres du bureau de la FDSEA ont de nouveau rencontré le préfet, Didier Martin, le 16 décembre après-midi.
A la demande de la FRSEA et suite à de sévères discusssions, la préfet de région a décidé de suspendre la mise en œuvre du dispositif en attente d’une expertise des données chiffrées et réglementaires.

«Il faut sauver l’élevage pour garder les pâtures» disait Guillaume Chartier. Pascal Foucault observait par ailleurs qu’un abandon de l’élevage risque d’accentuer les difficultés économiques dans les exploitations dont les surfaces jusqu’à présent en prairies ne seront pas souvent les plus productives en grandes cultures.

Une organisation collective est à privilégier, en recherchant un équilibre entre productions qui dépendent de choix individuels par les agriculteurs. Il faut aussi chercher à optimiser les investissements, pour réduire les charges et augmenter la capacité de résistance des exploitations.

Les premiers audits en élevage ont été rendus, mettant parfois en évidence des situations très difficiles, voire de détresse. Un accompagnement personnalisé est mis en place, dans une démarche conduite avec l’ensemble des organismes concernés. Une aide de la cellule Réagir pourra être apportée, mais cette structure départementale tarde à se mettre en place, malgré une aide du Conseil départemental. Christophe Beeuwsaert posait la question de savoir «comment répondre à des situations désespérées», conséquence souvent directe d’une guerre sur les prix qui se fait encore trop souvent sur le dos des producteurs.


Au cours de cette réunion de bureau, d’autres sujets ont été étudiés, dont la participation des FDSEA dans la Safer qui a une nouvelle structuration régionale et a décidé d’une augmentation de son capital social. Il a par ailleurs été voté une participation financière de la FDSEA aux syndicaux locaux en fonction du nombre de participants, pour encourager ceux qui assurent une animation à la suite de leur assemblée annuelle.


Bureau Tribune Decembre 2016

Christophe Beeuwsaert et Guillaume Chartier.


Dans le réseau FDSEA, de très prochains rendez-vous sont organisés pour les assemblées cantonales qui restent souvent un lieu d’échanges privilégiés entre adhérents et leurs responsables élus.

Au cours de ces assemblées sera définie une nouvelle organisation territoriale des syndicats de base. Les syndicats à l’échelle des anciens cantons seront remplacés par des syndicats locaux dont le territoire sera calqué totalement ou pour partie sur celui des communautés de communes. Ces structures intercommunales ont en effet des compétences qui peuvent interférer directement sur les activités agricoles ; elles sont donc l’échelon auprès duquel les agriculteurs doivent être représentés.

Le nombre de syndicats de base sera donc réduit, passant de 34 à  20 ou un peu plus : leur configuration reste à peaufiner localement. Puis au cours de ces assemblées, des élections sont programmées pour désigner les délégués des sections spécialisées et les membres des bureaux, dont les présidents seront membres du conseil d’administration de la FDSEA.
Ces assemblées resteront avant tout un lieu d’échanges et de dialogue: il est important que les adhérents y participent nombreux.

Bernard Leduc

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