Ce que fait la FDSEA

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Le conseil d’administration de la Fdsea de l’Oise s’est réuni ce vendredi 27 mai à Beauvais. Sur fond de crise, les administrateurs interpellent sur la détresse des agriculteurs et les difficultés qui augmentent.

Guillaume Chartier, président de la Fdsea 60, n’y est pas allé par quatre chemins en introduisant le conseil d’administration du syndicat ce vendredi 27 mai. «Notre agriculture est en crise, les agriculteurs connaissent des difficultés financières majeures, et j’entends des questions qui se posent sur ce que fait la Fdsea. Lorsque je vais sur une exploitation pour expliquer ce que nous faisons, à temps plein, le message passe. Il nous faut tous nous mobiliser pour expliquer le sens de notre action. Il faut enfin que tout le monde soit mobilisé pour agir là où c’est efficace et expliquer ce qui est fait».

La question était posée aux administrateurs de travailler sur la situation conjoncturelle et de construire les réponses à apporter aux agriculteurs et les revendications à porter. Le débat, évidemment, a été riche, les idées nombreuses, les propositions fournies.

Christophe Beeuwsaert, secrétaire général de la Fdsea, a toutefois relevé que «notre difficulté principale, c’est que les agriculteurs attendent des réponses à court terme, de l’immédiat, et que notre travail syndical ne se fait pas seulement sur du court terme. Les réponses que nous avons obtenues, avec le plan d’urgence, sont importantes. Elles ont permis d’apporter une bouffée d’oxygène à près de 200 éleveurs. Mais elles sont aujourd’hui insuffisantes car nous continuons de nous enfoncer dans la crise. Sur tous les plans, il nous faut agir, pour le portefeuille des agriculteurs, tout de suite, aujourd’hui, et pour demain».

Une crise qui s’aggrave
Les présidents de canton, un à un, ont relayé les perceptions et l’ambiance sur leur secteur. Les problèmes de l’élevage restent une préoccupation majeure. Les éleveurs ne voient pas d’embellies et les comptes des exploitations se dégradent encore. «Le prix du lait n’arrête pas de baisser, il y a un dégoût général des agriculteurs» a rappelé Pascal Foucault, président de l’arrondissement de Beauvais Nord. «Les réveils risquent d’être douloureux pour beaucoup car la situation des céréales est également difficile» selon Luc Roland, président de l’arrondissement de Senlis.

Sur le constat des difficultés, les administrateurs de la Fdsea ont partagé, mais ils ont surtout cherché à apporter des réponses, des solutions. Ainsi, Olivier Deliginières, président du canton de Lassigny, interrogeait-il : «Peut-être sommes-nous au bout d’un système ? Peut-être nous faut-il nous interroger sur nos systèmes de production et nous adapter plus rapidement aux besoins et aux demandes des consommateurs ?»

Et «nous devons apporter plus de lisibilité sur notre action» selon Thierry Leysens, représentant le canton de Pont-Sainte-Maxence.
La Fdsea en effet, depuis le 3 septembre dernier, n’a eu de cesse de défendre les revendications «plus de prix, moins de normes». Des réponses ont été apportées, à court terme, avec le plan d’urgence pour l’élevage qui  a apporté un surplus de trésorerie à plus de 200 éleveurs identifiés comme fragiles.

Mais, force est en effet de constater que ce plan est aujourd’hui insuffisant compte tenu de l’aggravation des situations. «Le plafond de minimis de 15.000 € d’aides devient aujourd’hui insuffisant pour certains dossiers» a ainsi relevé Christophe Beeuwsaert, «il faut que l’Europe accepte de le relever». Les mesures obtenues avec les avances de trésoreries sur la Pac et la baisse des charges sociales, qui concernent tous les agriculteurs, ont également été obtenues grâce à l’action de la FNSEA.

«L’accord signé aujourd’hui dans l’Oise entre Elvéa et Intermarché fait également partie de ce que nous avons réussi à obtenir à force de ténacité sur le manger-français et les échanges engagés avec les grandes surfaces, a rappelé Guillaume Chartier. De même, nous avons obtenu une revalorisation des montants de remboursement des taxes sur les produits pétroliers et la baisse des cotisations MSA, a-t-il rappelé. Sauf que ce qui a été obtenu est insuffisamment connu, et que cela, même si ce n’est pas rien, est minoré par l’aggravation de la crise ; il faut donc continuer».

Des priorités d’actions immédiates
Les administrateurs sur ces éléments ont fixé plusieurs priorités. En premier lieu, sachant que l’action sur les prix est plus compliquée désormais. Les prix en effet ne sont pas fixés administrativement, mais le résultat d’un marché. Or, la Fdsea fait le constat que le marché des denrées agricoles ne fonctionne pas de manière fluide et transparente. Des grandes entreprises réalisent des bénéfices faramineux, en hausse même en 2015, car elles ont profité de la baisse des coûts d’achat des denrées agricoles.

Ils ont ainsi décidé de prioriser une action auprès de l’ensemble des parlementaires afin de les sensibiliser à ces difficultés. Ces derniers doivent en effet être consultés dans le cadre de la loi Sapin 2 (du nom du ministre des Finances) qui doit réformer la loi de modernisation de l’économie.

Les administrateurs ont également exprimé le souhait d’un positionnement sur la question des contrôles. Ainsi que l’a indiqué Christophe Beeuwsaert «comment peut-on dans le contexte économique que l’on connaît, face à la PACophonie, accepter de voir un État qui fait des contrôles et sanctionne des agriculteurs de bonne foi ?». La Fdsea a ainsi écrit au préfet de l’Oise pour lui demander de veiller à faire des contrôles «avec plus de pédagogie et moins de sanctions». À tous les adhérents, la FDSEA rappelle qu’elle est à disposition et que, en cas de contrôle, tout adhérent peut solliciter, non seulement un accompagnement syndical mais aussi, vu le contexte, un «accompagnement syndical renforcé».

Il est bien évident que ces aspects ne vont pas, d’un coup de baguette magique, régler tous les problèmes de l’agriculture française et isarienne. Mais la baguette magique n’existe pas. Ce sont bien toutes les actions qui contribuent à construire le prix qui donneront des perspectives aux agriculteurs. À court terme, la nécessité est dans la gestion des situations individuelles, le redéploiement d’un plan d’urgence pour 2016, des mesures d’accompagnement via la Région et l’État.

Vigilance sur les contrôles
Le conseil d’administration a également dénoncé la situation sur la Pac : les à-peu-près , les complications réglementaires, la paperasse et les retards intolérables de l’État, tant dans l’instruction des dossiers que dans leur paiement.

Le calendrier présenté par le ministre de l’Agriculture ne passe pas. «Encore un report» ont relevé plusieurs administrateurs. Dans ce contexte, la FDSEA 60 demande aux services de l’État la plus grande sollicitude sur les contrôles en exploitation sur les domaines de la Pac et de la conditionnalité non encore instruits.
«On ne peut pas demander aux agriculteurs de laver plus blanc que blanc alors que l’État, de son côté, n’a même pas encore instruit nos dossiers déposés en juin 2015 et ne nous a pas payé notre dû». La FDSEA 60 demande donc de la pédagogie et un allègement des contrôles.

Laurent Mingam

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