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Les administrateurs de la FDSEA se sont réunis le lundi 29 mai en conseil d’administration à Beauvais.

Réunion le 29 mai à Beauvais

Selon le souhait du président, Guillaume Chartier, et de ses secrétaires généraux, Bernadette Bréhon et Régis Desrumaux, ce conseil d’administration a été marqué par une large écoute du terrain. Chaque président de SEA (Syndicat d’exploitant agricole local) s’est en effet exprimé pour faire part, sur son secteur, des dossiers en cours, des actions engagées, de l’ambiance ressentie. Et le constat est alarmant.
«La situation est critique» ainsi que l’a synthétisé Régis Desrumaux qui a proposé qu’une initiative soit prise d’ici l’automne pour «faire bouger les lignes si rien ne s’améliore d’ici là».

Conjoncture morose
La situation est critique en effet car aucune perspective vraiment encourageante n’apparaît sur les prix des denrées agricoles. Si les marchés laitiers au niveau international semblent se redresser assez positivement, cela est sans effets probants sur les marchés français et européens. Les comptes des exploitations laitières sont extrêmement fragilisés. À cela s’ajoute l’inquiétude de la météo avec un déficit hydrique qui fragilise la constitution des stocks fourragers, ce qui risque d’augmenter la charge alimentaire au cours des mois à venir.
De même, en céréales, après une année historique, le spectre plane à nouveau de résultats insatisfaisants avec des rendements incertains. Mais tant que la moisson n’est pas faite… bien malin qui peut de manière certaine prévoir !
Sur cette toile de fond conjoncturelle inquiétante et morose, la question du statut de l’agriculteur professionnel apparaît comme un débat fondamental. Ce sujet, traité lors du congrès FNSEA de Brest en avril dernier, pose la question des priorités à donner dans l’attribution des aides, mais aussi la question des droits de l’exploitant en matière foncière.
Or, des inquiétudes s’expriment en effet sur le marché foncier. «On parle de prix du foncier élevés, déconnectés des réalités économiques et de la rentabilité réelle de l’outil de travail» relève l’un, «c’est le résultat de l’offre et de la demande» relève l’autre, «avec de nouveaux intervenants sur le marché foncier, étrangers ou pluriactifs, et un objectif pas seulement économique mais aussi patrimonial».
C’est là un sujet majeur, hors conjoncture, qui est à travailler pour dessiner les perspectives de l’agriculture départementale.

Action sur les prix
Sur l’action syndicale, Laurent Mingam, directeur de la FDSEA, a présenté et remis en perspectives les actions engagées par le réseau FNSEA en faveur de la construction du prix depuis 2 ans. Depuis la construction de l’observatoire de la formation des prix et des marges, acquis syndical, qui donne de manière transparente la réalité des déséquilibres sur la formation des prix et la répartition de la valeur ajoutée entre les acteurs, jusqu’à la loi Sapin 2 avec l’obligation de publication des comptes des entreprises, des avancées ont été obtenues grâce à l’action syndicale.
De l’étiquetage de l’origine au travail engagé sur les organisations de producteurs, des jalons ont été posés. Pour autant, la réalité concrète d’une revalorisation des prix rendu producteur, l’amélioration du fonctionnement des filières et la répartition de la valeur ajoutée dans la chaîne de valeur restent à concrétiser.
Si le prix dépend du marché, Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, a rappelé que ce sujet «mérite d’être approprié et travaillé en local car chacun peut agir, faire quelque chose, peser pour rappeler dans chaque organisation que le but de l’organisation économique doit bien être de ramener la valeur aux producteurs».
Un groupe de travail sur le suivi économique a été mis en œuvre en commun avec la FDSEA et les deux centres de gestion AS 60 AGC et CER France Oise. Les résultats des moissons de cet été seront déterminants. La situation est déjà tendue. Des réponses fortes seront à apporter. «Nous l’avions déjà dit l’année dernière, a rappelé Guillaume Chartier. Compte tenu de l’ampleur des pertes 2016, c’est sur plus d’une année qu’il faudra étaler pour retrouver des marges de manœuvre». Tels seront les enjeux de cet été.

Action locale
Sur l’expression du terrain, force est de constater la mobilisation générale sur tous les sujets. Action juridique sur des problèmes de circulation à Creil, obstacle à l’augmentation du prix de l’eau dans le Pays de Bray, travail sur le Scot dans le Pays de Valois, réunion sur les résultats de l’action contre le Scot de l’Arc dans le Compiègnois, l’action syndicale est partout et le syndicat mobilisé aux côtés des agriculteurs.
Telle l’action Porte-Voix, engagée dans chaque circonscription auprès de tous les candidats aux législatives, dont l’objectif est de faire valoir les propositions des agriculteurs pour sortir des crises et redonner des perspectives au métier.
Le conseil enfin s’est conclu sur l’intervention de Sylvie Lupton, enseignante chercheur et directrice de la chaire Management des risques en agriculture de l’Institut UniLaSalle. Force est de constater que le contexte d’exercice du métier évolue et que tout chef d’exploitation doit aujourd’hui se poser la question de la gestion des risques au sein de son exploitation : aléas économiques, aléas climatiques, aléas sanitaires.
Des mesures sont mises en œuvre, parfois de bon sens par les agriculteurs. D’autres doivent être structurées, par exemple un vrai compte d’épargne de gestion des risques. La Chaire de management des risques a engagé une enquête sur la manière de prendre en compte les risques. Tous les agriculteurs sont invités à y contribuer : https://fr.surveymonkey.com/r/risquesagri

Laurent Mingam

CA 29 Mai 1

 

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