«L’Europe doit se bâtir sur des projets»

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Interview d'Henri Brichart, vice-président de la FNSEA.

Sur le thème Mieux d’Europe, le rapport d’orientation de la FNSEA sera présenté au congrès, à Brest, les 28 et 29 mars. Trois rapporteurs vont détailler les propositions de la FNSEA pour redonner du sens à l’Europe et une efficacité plus grande à la Pac. Henri Brichart insiste sur la nécessité de maintenir les aides directes.

Henri Brichart - Ce que l’on considère, c’est que les aides directes sont essentielles pour assurer une forme de durabilité aux exploitations. Globalement et malheureusement, elles représentent une part importante du revenu des agriculteurs. Ces aides sont donc un socle de base et doivent demeurer, mais ce n’est pas suffisant.

On a besoin aussi de pouvoir compenser des difficultés sur certaines productions, certains territoires, et d’orienter. C’est pour cela qu’il faut maintenir les aides couplées et l’ICHN, sûrement en les faisant évoluer. Concernant les aides couplées par exemple, on ne peut pas aujourd’hui s’en servir pour développer les productions ni pour permettre aux agriculteurs de s’organiser, deux points qui figurent dans le règlement européen pour rester en accord avec les règles de l’OMC.

Au-delà de ce premier socle à maintenir, comment l’Europe peut-elle soutenir les revenus des agriculteurs?
H.B. -Il faut un minimum d’outils à Bruxelles pour enrayer les marchés dégradés. Nous proposons l’amélioration des outils existants - aide alimentaire, utilisation du non alimentaire… Quand les marchés sont mieux orientés, il y a logiquement plus de chances d’obtenir un retour positif aux producteurs, mais encore faut-il percevoir ce retour de la valeur.

C’est pourquoi un travail est à mener au sein de la chaîne alimentaire, ce qui renvoie également à la question du droit à la concurrence : puisque la puissance publique se désengage, elle doit donner la capacité aux acteurs économiques d’agir sur ces marchés et permettre aux filières de s’organiser.

Quels sont les points de vigilance pour la prochaine Pac?
H.B. - Deux points méritent une attention particulière. D’une part, le monde est plus volatil, les variations climatiques, environnementales, économiques sont de plus de plus en fréquentes. Ce n’est pas la Pac qui va amener toutes les réponses, mais les outils comme l’assurance, les fonds de mutualisation, l’instrument de stabilisation du revenu, sont à améliorer pour être véritablement efficients.

D’autre part, on doit progresser sur la prise en compte environnementale. On nous dit souvent que l’environnement fait partie des attentes sociétales, mais nous sommes nous aussi dans la société, nous avons les mêmes attentes, d’autant plus que le sol et le climat sont nos outils de travail. Mais la manière dont les questions environnementales sont traitées se traduit par une politique de sanction.

Nous lançons des pistes de réflexion pour une écologie pragmatique, c’est-à-dire applicable sur le terrain, qui favorise l’engagement plus que les normes, une politique de résultats plus que de moyens.

Le rapport défend également, en ce sens, une agriculture moderne et innovante.
H.B. - Pour répondre à tous ces enjeux, nous ne pouvons pas nous recroqueviller. L’agriculture apportera des solutions par l’innovation. En dehors des problèmes économiques, les agriculteurs traversent aussi une crise psychologique: ils ne comprennent pas l’attitude d’une partie de la population qui met en avant, dans tous les autres secteurs, le modernisme, que ce soit dans les médias, les télécommunications, et qui considère que ce serait un péché pour l’agriculture. Pourtant, c’est là que nous serons dans une stratégie de progrès.

Tous ces éléments nécessitent un budget ambitieux.
H.B. - C’est un point très important du rapport: l’Europe doit se bâtir sur des projets. C’est pourquoi nous considérons que l’on doit d’abord construire le projet agricole, dont découlera ensuite le budget adapté, et non l’inverse. Si l’on croit à une Europe qui donne des perspectives à ses citoyens, il faut se donner les moyens de le faire.

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