Passer le cap tous ensemble

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Luc Smessaert, polyculteur-éleveur laitier dans l’Oise, fait le point sur cette année 2016 catastrophique pour toutes les productions. Il expose le plan d’action qu’il entreprend avec la FNSEA Nord-Bassin parisien et au sein de la FNSEA.

Comment analysez-vous la situation de notre agriculture ?
Luc Smessaert : On est dans une année où les résultats sont mauvais, voire catastrophiques. Notre métier nous oblige à rester humbles face aux conditions que nous avons dû naturellement subir, mais dame Nature n’a pas été favorable cette année. Le manque d’hiver, les excès d’eau et le manque de luminosité en juin ont des conséquences parfois désastreuses sur l’ensemble de nos cultures d’hiver.

Les récoltes sont loin d’être terminées, mais avons été très déstabilisés face à ces rendements, après presque une année de travail pour ces cultures et les dépenses qu’elles ont occasionnées. La première réaction est le découragement, notre moral en prend un coup. Mais il va nous falloir être capables de passer le cap de 2016, tous ensemble car le problème est collectif.
2016 aura des répercussions sur les prochaines années, pour tous les producteurs. Je pense aux éleveurs, dont les cultures ne pourront pas cette année combler les pertes qu’ils subissent par cette crise qui est là depuis deux ans.

Quelles sont les revendications du syndicalisme ?
L.S. : La première est qu’on laisse les agriculteurs libres de faire le mieux possible dans leurs pratiques. Nous demandons de la souplesse sur la partie normative, que ce soit de la Pac ou de la directive nitrates, pour l’implantation - ou non - des cultures intermédiaires. Des couverts sont utiles, leur implantation est nécessaire dans les parcelles qui reçoivent une fumure organique. Mais l’obligation d’implanter une Cipan ne doit pas être systématique : là où des économies sont possibles, faisons-les.

La FNSEA Nord-Bassin parisien demande pour nos départements la reconnaissance de cas de force majeure, permettant cette souplesse.
Dans tous nos départements, l’ensemble de nos organisations se réunissent ou se réuniront avant le 1er septembre pour définir un ensemble de mesures qui doivent donner à chacun la capacité de préparer au mieux la campagne 2017. Nous demandons à chaque organisation, banques, coopération, assurances et organismes techniques, de se concerter pour mettre au point avec nous un plan concret, pratique, pour ne laisser personne au bord du chemin.
Cette catastrophe montre la place de l’agriculture dans notre économie. Les céréales, comme beaucoup de nos productions, sont une force et une chance pour l’économie française.

C’est pour cela que le plan annoncé la semaine dernière par Stéphane Le Foll doit être complété à la hauteur des pertes enregistrées. Nous pouvons déjà nous satisfaire de l’annonce du maintien du prélèvement à 10 % sur nos aides Pac du premier pilier pour 2017. Mais nous rappelons qu’il est urgent que l’État solde le versement des aides 2015. Et grâce à notre pression, nous bénéficierons de 90 % des aides Pac 2016 au 16 octobre.

Quelles leçons tirer de cette année ?
L.S. : Ces répétitions d’aléas me font acter la nécessité d’un vrai dispositif de gestion des risques pour nos exploitations. Nous devons améliorer le dispositif assurantiel. Je fais partie des seuls 25 % assurés en grandes cultures. Se lever le matin avec une garantie de 75 % de son rendement moyen est rassurant et aujourd’hui indispensable face au poids des charges de nos exploitations.

La victoire obtenue avec les 10 points de prélèvements sociaux en moins en 2016 est également un sujet sur lequel nous devons continuer à travailler pour baisser nos charges sociales et fiscales. Et enfin, nous devons avoir des dispositifs pluriannuels pour atténuer cette forte variabilité des prix et des rendements. Nous devons également travailler pour une dotation des aléas plus simple et plus souple, pourquoi pas à l’image du livret A, ou plutôt d’un livret «2 A», pour agricole et aléas.
La FNSEA Nord-Bassin Parisien est mobilisée, avec la FNSEA et les autres régions. Un grand rassemblement sera organisé le 1er septembre pour formaliser l’ensemble de ces demandes.

Propos recueillis par Bernard Leduc

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